About the Turkish army’s aggression on the canton of Afrin (Rojava)

Tristan Leoni’s comments (who is the author of the series of texts “Caliphate and Barbarity”) published in French on https://ddt21.noblogs.org/?page_id=1906#comment-4276

Since January20th, Turkey has launched the Operation “Olive Branch” against the Kurdish enclave of Afrin with the support of several Syrian Islamist militias (some of them with the FSA label). The Turkish offensive is no surprise: clashes between YPG and pro-Turks had been commonplace for months, and for several weeks the Turkish army had been deploying troops and equipment around the enclave. For their part, the YPG prepared for this while building fortifications and tunnels on their borders.
48 hours before launching their operation, the Turkish generals went to Moscow; it was at least to obtain Russia’s non-intervention, which controlled Syrian airspace and had troops in Afrin to prevent (by their presence) a Turkish attack. 24 hours before the attack the Russian soldiers left Afrin.

The PYD sought to forge contradictory alliances with various actors in the Syrian conflict (Washington, Moscow and Damascus), which could not last.The YPGs have come much too close to the Americans who are pushing them towards a quasi-secession of territory (which is not initially the PYD project) with various projects: training an army of border guards of 30,000 fighters in the Rojava, financial aid for reconstruction and the “nation building”. A matter to make Damascus and Moscow angrier.

For them, the Turkish attack is an opportunity to remind the Kurds of the real balance of power in the region. The arrival of YPG reinforcements (from eastern Syria) was only possible thanks to the support of Damascus, which allowed them to transit through the Loyalist zones.
From the very first days of Operation “Olive Branch”there was increasing speculation about discussions between the Assad’s regime, Russia and the YPG for an intervention of the Syrian army in Afrin to stop the Turkish offensive. It wouldn’t be surreal. Already in March 2016, during the Operation “Euphrates Shield”, the YPG had given several areas to the west of Manbij up to Assad’s troops in order to stop the Turkish offensive (at the same time as the American troops were deploying to the north of Manbij).

The Turkish offensive is more likely to create a security buffer along the border than to conquer the entire Afrin enclave; but since the beginning, the FSA and Turkish armed forces (TAF) are marking time. The YPG had plenty of time to fortify their borders with networks of tunnels and bunkers, and they also use the anti-tank missiles offered by the Western armies. Nevertheless, Afrin is not Kobane: if in 2014 the YPG had succeeded in repelling the troops of the Islamic state, it was mainly thanks to the support of the American air force and special forces (if not the city would have fallen). The same is not true of Afrin, where the YPG are the ones that are being bombed by the air. Despite fierce resistance, YPG troops are condemned to gradually retreat from the Turkish army and its back-up troops, and civilians are condemned to flee to the areas held by Damascus. Hence the search for a political solution or an external support that becomes urgent. This time the American cavalry won’t come to the rescue. The arrival of the Syrian Loyalist army is therefore a possibility; but it will not be “gratuitous” and, if so, the YPG will have to renounce their authority over the enclave of Afrin in exchange.

T.L. February 19th, 2018

A propos de l’agression de l’armée turque sur le canton d’Afrin (Rojava)

Commentaires de Tristan Leoni (auteur de la série de textes « Califat et Barbarie ») publiée sur https://ddt21.noblogs.org/?page_id=1906#comment-4276

Depuis le 20 janvier la Turquie a lancé l’opération « Rameau d’olivier » contre l’enclave kurde d’Afrin avec l’appui de plusieurs milices islamistes syriennes (dont certaines portant l’étiquette ASL). L’offensive turque n’est pas une surprise : les accrochages entre YPG et pro-Turcs étaient monnaie courante depuis des mois, et depuis plusieurs semaines l’armée turque déployait des troupes et du matériel autour de l’enclave. De leur côté les YPG s’y préparaient en construisant fortifications et tunnels sur leurs frontières.
48 h avant de lancer leur opération, les généraux turcs se sont rendus à Moscou ; il s’agissait au minimum d’obtenir la non-intervention de la Russie qui contrôle l’espace aérien syrien et disposait de troupes à Afrin afin, justement, d’empêcher (par leur présence) une attaque turque. 24 h avant l’attaque les soldats russes ont quitté Afrin.

Le PYD a cherché à se ménager des alliances contradictoires avec divers acteurs du conflit syrien (Washington, Moscou et Damas), ça ne pouvait pas durer. Les YPG se sont beaucoup trop rapprochés des Américains qui les poussent à une quasi-sécession territoriale (qui n’est initialement pas le projet du PYD) avec divers projets : formation d’une armée de gardes-frontière de 30.000 combattants au « Rojava », aide financière pour la reconstruction et le « nation building ». De quoi courroucer davantage Damas et Moscou.

Pour ces dernières, l’attaque turque est l’occasion de rappeler aux Kurdes quels sont les réels rapports de force dans la région. L’arrivée de renforts YPG (en provenance de l’Est de la Syrie) n’a ainsi été possible que grâce au soutien de Damas qui les a autorisés à transiter par les zones loyalistes.
Dès les premiers jours de l’opération « Rameau d’olivier » les rumeurs se sont multipliés à propos de discussions entre le régime d’Assad, la Russie et les YPG pour une intervention de l’armée syrienne à Afrin afin d’arrêter l’offensive turque. Ce ne serait pas surréaliste. Déjà, en mars 2016, lors de l’opération « Bouclier de l’Euphrate » les YPG avaient cédé plusieurs zones à l’ouest de Manbij aux troupes d’Assad afin d’arrêter l’offensive turque (au même moment que les troupes américaines se déployaient elles au nord de Manbij).

Il est probable que l’offensive turque a davantage pour objectif de créer un cordon sécuritaire le long de la frontière que de conquérir toute l’enclave d’Afrin ; mais depuis le début, l’ALS et les TAF (Turkisharmed forces) piétinent. Les YPG avaient eu tout le temps de fortifier leurs frontières avec des réseaux de tunnels et de bunkers, et ils ne se privent pas non plus d’utiliser les missiles antichars offerts par les armées occidentales. Néanmoins, Afrin n’est pas Kobané : si en 2014 les YPG avaient réussi à repousser les troupes de l’Etat islamique c’est surtout grâce à l’appui de l’aviation et des forces spéciales américaines (sinon la ville serait tombée). Il n’en va pas de même à Afrin où là ce sont les YPG qui subissent les bombardements aériens. Malgré une farouche résistance, les troupes des YPG sont condamnées à reculer progressivement face à l’armée turque et ses supplétifs, et les civils condamnés à s’enfuir vers les zones tenues par Damas. D’où la recherche d’une solution politique ou d’un soutien extérieur qui devient urgente. Cette fois la cavalerie américaine ne viendra pas au secours. L’arrivé de l’armée loyaliste syrienne est donc une possibilité ; mais elle ne sera pas « gratuite » et, si tel est le cas, les YPG devront en échange renoncer à leur autorité sur l’enclave d’Afrin.

T.L. 19 février 2018